III XXe-XXIe siècles

Sœur Sainte Prisca Chombart (1895-1948), religieuse enseignante en habit civil

Sœur Sainte Prisca Chombart (1895-1948), religieuse enseignante en habit civil (archives des Sœurs de l’EJNB)

Si le costume des Sœurs reste le même du début du XIXe siècle aux années 1950, il subit de nombreuses modifications dans la seconde moitié du XXe siècle.               

La période s’étendant de 1904 aux années 1940 est quant à elle marquée par l’abandon partiel de cet habit. La loi du 7 juillet 1904, en supprimant l’enseignement congréganiste, contraint de nombreux Instituts religieux à fermer leurs écoles ou à s’exiler. L’Institut des « Dames de Saint-Maur », qui possède un dispensaire à Saint-Antonin (82) et des orphelinats en Asie, parvient à être reconnu comme une congrégation qui n’est pas spécifiquement enseignante. Pour autant, les religieuses n’ont plus le droit d’enseigner. Pour poursuivre la mission confiée par le Père Barré, certaines Sœurs abandonnent leur habit. Elles sont signalées comme ayant quitté la congrégation « volontairement, par manque de travail » dans les registres répertoriant les religieuses, mais continuent à en faire partie officieusement. Ces Sœurs revêtent des vêtements sombres, choisis par leur supérieure, mais ne portent plus de coiffe. Elles ne se font plus appeler « ma Sœur », mais « Madame ».

Extrait de la circulaire de Mère Saint Jean Desmet, supérieure générale (1950-1965) au sujet de la reprise du costume religieux par les Sœurs enseignantes

Extrait de la circulaire de Mère Saint Jean Desmet, supérieure générale (1950-1965) au sujet de la reprise du costume religieux par les Sœurs enseignantes (25-03-1950, archives des Sœurs de l’EJNB, 2 H 1-4)

Sœurs françaises portant le costume de 1956

Sœurs françaises portant le costume de 1956 (s.d., archives des Sœurs de l’EJNB, n°400)

Visite de Mère Maria del Rosario Brandoly, supérieure générale (1971-1983), en Thaïlande

Visite de Mère Maria del Rosario Brandoly, supérieure générale (1971-1983), en Thaïlande (années 1970, archives des Sœurs de l'EJNB, n°404)

Le concile Vatican II (1962-1965) bouleverse l’Église catholique. Les Sœurs repensent leurs missions et leurs Constitutions durant cette période. Dès 1962, le costume blanc et les chemises dites « anglaises » sont autorisés dans certains pays où est présente la congrégation. Après le concile, l’Institut se tourne vers l’aide aux populations défavorisées. Le port du costume n’étant pas toujours adapté à l’exercice de cette mission, certaines religieuses revêtent l’habit civil. Le costume est modifié une dernière fois, en 1969, après un référendum au sein de la congrégation, et adapté au cours des années 1970. Selon les pays, il est noir, blanc ou gris, composé d’une robe ou d’une jupe avec veste.

À partir du début des années 1970, l’habit religieux est progressivement abandonné par les Sœurs de l’EJNB européennes, qui adoptent le port d’un même médaillon. Un costume est encore aujourd’hui porté dans certains pays d’Afrique et d’Asie, marqués par la tradition de l’uniforme. Une croix spécifique à la congrégation, remplaçant le médaillon à partir de 1988, est portée par chaque Sœur, quel que soit le pays. Celle-ci est devenue le nouveau signe distinctif des Sœurs de l’EJNB.

Sœurs de l'EJNB réunies autour du pape François lors de leur chapitre général à Rome

Les Sœurs de l'EJNB réunies autour du pape François lors de leur chapitre général à Rome (2019, archives des Sœurs de l'EJNB)