Introduction
Colonie britannique fondée en 1788, l’Australie devint rapidement une terre d’évangélisation. Dès les débuts de la colonisation, une présence religieuse anglicane s’y installe, puis se diversifie entre 1810 et 1830 avec l’arrivée de catholiques, méthodistes et de baptistes, réduisant ainsi l’influence dominante de l’Église anglicane. L’arrivée de nombreux immigrants amène avec eux de nouvelles croyances.
Au début du XXe siècle, l’Église en tant qu’institution se stabilise, à mesure que la colonie s’institutionnalise et s’émancipe progressivement de l’Angleterre. De nombreuses missions protestantes et catholiques s’implantent, y compris auprès des Aborigènes, dont la population a fortement décliné en raison du choc microbien et des déséquilibres de la cohabitation coloniale.
Dès les années 1830, des écoles catholiques voient le jour, mais la suppression des subventions publiques au profit d’un enseignement laïque rend leur situation précaire. Pour y remédier, un appel est lancé, auquel de nombreux religieux et religieuses irlandais répondent, en particulier des sœurs enseignantes. Leur action permet d’établir un réseau éducatif catholique à travers le pays, assurant ainsi la pérennité de ces institutions. L’Église catholique contribue également sur le plan social. Cependant, les Aborigènes restent profondément marqués par le colonialisme et les enlèvements d’enfants, pratique qui perdure jusqu’aux années 1970.
Si l’après-guerre représente une période faste pour l’Église catholique australienne, les bouleversements sociaux des années 1960-1970 entraînent une baisse du nombre de pratiquants – un quart de la population est catholique – tandis que le pays s’ouvre à de nouvelles migrations. Lorsque les sœurs préparent leur départ pour l’Australie, c’est donc une société en transformation qu’elles s’apprêtent à découvrir.

