IV/ L’appel de Beagle Bay : les sœurs de l’EJNB auprès des Aborigènes (1976-1978)
En 1975, la Supérieure générale effectue une seconde visite en Australie, ouvrant une réflexion sur la vie religieuse des sœurs. Sous l’influence des nouvelles directives de Vatican II, celles-ci repensent leurs activités apostoliques : en mars 1976, un décret du pape Paul VI retire à l’Australie son statut de pays de Mission, qui ne relève plus de « Propaganda fide ».
Dans cette nouvelle dynamique, les sœurs d’Australie doivent choisir entre deux missions : accompagner les migrants ou s’engager auprès des Aborigènes. Elles optent finalement pour la seconde option, afin de ne pas empiéter sur le travail des sœurs locales. En 1976, une opportunité se présente : l’évêque de Broome sollicite deux sœurs pour enseigner pendant quelques années dans une petite école aborigène située dans la région de Beagle Bay. L’Église australienne, souhaitant s’investir davantage auprès des Aborigènes, longtemps négligés, leur propose cette mission.
Sœurs Hannah Murray et Mary de Courcy MacDonnell répondent à cet appel et un accord est signé pour 1977, renouvelable chaque année, définissant précisément leurs missions et ressources.
Dès l’automne 1976, les deux sœurs étudient à Sydney l’anthropologie, ainsi que la culture et le mode de vie aborigène, témoignant de leur engagement envers cette population. Deux ans plus tard, une autre communauté aborigène, à Lombadina, exprime à son tour le souhait d’accueillir des sœurs enseignantes. Deux sœurs irlandaises, Anne O’Neill et Anne Marie Ryan, sont alors envoyées sur place.
En 1978, deux membres du Conseil général, Sœurs Valérie Tseng et Raphael Moore, se rendent en Australie pour visiter les différentes communautés. À l’issue de ce voyage, les sœurs listent leurs priorités et estiment que leur action en Australie doit se concentrer sur les Aborigènes. La décision est alors prise de quitter Melbourne.

